Peut-Être : Foutre ou disparaître
Peut-Être, c’est pas du cinéma. C’est un Paris qui pue la poussière radioactive, le béton craqué, la fin du foutre. C’est pas un rêve, c’est une descente et une apocalypse molle.
Tu t’attendais à Mad Max ? Tu tombes sur un squat en ruine où les rats ont crevé il y a longtemps. Même ils voulaient plus de ce merdier.
Arthur, le héros ? Un branleur magnifique. Le genre à baiser sans capote mais à flipper quand la fille parle bébé. Il traîne sa jeunesse comme un sac plastique dans le vent. Et puis bam — le plafond lui tombe sur la gueule. Littéralement. Une faille temporelle, un trou du cul du temps, et le voilà dans le futur. Un futur sec, stérile, sans gosses, sans musique, sans libido. Un désert où même les fantasmes sont morts de soif.
Et qui l’attend là-bas ? Belmondo. Pas le jeune, pas le flingueur. Le vieux. Le décomposé. Il joue Ako, un vieux mec qui lui dit : « Je suis ton fils. » Oui, ton fils. Sauf qu’il existe pas encore, parce que t’as pas encore planté la graine. Alors il te supplie, comme un mendiant de sperme : « Retourne dans ton époque et mets-la en cloque. » Sinon, plus rien. Fin du film. Fin du monde.
Le film, c’est ça : une branlette existentielle entre deux époques. Le présent qui flippe, le futur qui quémande. C’est pas de la science-fiction, c’est de la science-friction. Ça gratte, ça frotte, ça veut jouir mais ça bande mou. C’est un cri de désespoir éjaculé dans le vide.
Klapisch, le réal, il a voulu faire son Brazil à la française. Il a pondu un truc bancal, bancal comme une table de bar un samedi soir à trois grammes. Mais y a de l’intention. Y a du jus. Du sperme sur la pellicule, du spleen dans les dialogues.
Le Paris du futur, c’est un cimetière à ciel ouvert. Des immeubles qui baisent le sol. Des bouches d’égout qui puent le néant. Un monde post-humain où même les souvenirs sont stériles. Plus d’amour. Plus de bouffe. Plus de cul. Juste des ruines, des fantômes, et la peur du vide génétique.
Le message ? Simple comme un doigt dans le cul : si tu baises pas, t’existes pas. Si tu transmets rien, t’es un déchet. Pas d’enfants, pas de futur. Pas de foutre, pas d’histoire. On est que des chaînes. Des maillons. Tu veux pas d’enfant ? Très bien. Mais alors accepte que tout crève avec toi. Qu’on n’ait plus rien à foutre de ton existence.
Peut-Être, c’est un film qui te regarde droit dans les yeux et qui te dit : « Alors, tu tires ou tu pointes ? »
A l’affiche : Le Sexe Qui Parle