Viol et Châtiment (Lipstick 1976) – la scène de viol
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Lipstick (1976) est un drame américain controversé, appartenant au sous-genre du rape-and-revenge, réalisé par Lamont Johnson. Avec Margaux Hemingway dans le rôle de Chris McCormick et Mariel Hemingway dans celui de sa jeune sœur Kathy, le film aborde la violence sexuelle, le traumatisme et la vengeance. Il s’est rapidement fait remarquer à cause d’une scène de viol particulièrement explicite, qui a provoqué de vives réactions, aussi bien chez les critiques que chez le public.
Une scène de viol polémique
L’histoire suit Kathy, une adolescente pianiste prometteuse, violée par son professeur de musique, Gordon Stuart (Chris Sarandon). L’agression la détruit émotionnellement et met en lumière l’incapacité du système judiciaire à punir le coupable. Sa sœur aînée, Chris, décide alors de faire justice elle-même, déclenchant une vengeance moralement ambiguë qui constitue le cœur de la tension du film. Le fait que les actrices sont sœurs en vraie vie renforce le réalisme du traumatisme représenté.
La scène de viol est tristement le moment le plus célèbre du film. Filmée avec de gros plans prolongés et très peu de montage, elle montre l’agression de façon crue et réaliste. Les critiques se sont demandés si cette scène était nécessaire au récit ou si elle relevait plutôt de l’exploitation. Beaucoup de spectateurs ont quitté la salle, incapables ou refusant d’assister à ce réalisme sans concession. À l’inverse, certaines féministes l’ont défendue, y voyant une représentation honnête de ce que vivent d’innombrables femmes.
Héritage et impact à long terme
À sa sortie, Lipstick (1976) a été largement condamné par la critique, souvent qualifié de film d’exploitation. Roger Ebert l’a décrit comme émotionnellement manipulateur et éthiquement confus. Cette critique tient notamment au fait que le film met davantage l’accent sur la vengeance que sur une analyse approfondie des défaillances du système judiciaire. L’interprétation de Mariel Hemingway dans le rôle de Kathy a toutefois été largement saluée pour la justesse avec laquelle elle rend le traumatisme. En revanche, la performance de Margaux Hemingway a été éclipsée par sa notoriété de mannequin, largement exploitée dans la promotion du film.
Des décennies plus tard, Lipstick (1976) est surtout évoqué dans des écrits universitaires, des analyses féministes et des rétrospectives sur le cinéma d’exploitation. Les relectures contemporaines le considèrent comme un film sans doute animé de bonnes intentions, mais profondément tiraillé sur le plan éthique, obligeant le spectateur à affronter la réalité de l’agression sexuelle sans lui offrir ni cadre moral clair ni réconfort.
Conséquences sur la famille
Lipstick (1976) reste un film provocateur et dérangeant en raison de sa représentation explicite du viol et de son ambiguïté morale. Il a reçu un accueil mitigé et n’a jamais vraiment trouvé sa place dans le cinéma grand public, mais il demeure une représentation graphique et sans détour du traumatisme lié au viol. Ce qui frappe particulièrement, ce n’est pas seulement l’acte en lui-même, mais la manière dont la famille entière est touchée, partage le traumatisme et s’épuise dans une quête vaine de justice légale. Au final, c’est la famille qui en vient à exercer la vengeance, parce que la victime, elle, est anéantie par le choc et les séquelles de l’agression


